J’ai eu pitié de tous les gens qui sont toujours devenus tellement excités de voir quelqu’un venant de l’autre face de la mer. L’existence absolue de la digestion d’infériorité ne changera jamais. et peut être que je souhaiterais que ce sentiment change, mais c’est un des défauts graves de l’être humain, être toujours prêt, en attendant, dans les champs différents, pour que quelqu’un les écrase. Pathétique, et ça ne fait plus rire.
Désintégration, parfois étouffante.
L’état rigide me fatigue, mais c’est le seul état dans lequel je peux survivre. Tout-ce que je transporte sur papier s’efface, avec un air inévitablement abstrait. Dans ma tête je ne peux pas retrouver ce que j’avais laissé dans les tiroirs, ou parfois flottant dans les espaces. C’est difficile même de les reconnaître.
De temps en temps je demande aux gens s’ils sentent ce qui vient jour après jour mais la réponse est toujours la même. Oui, et oui et oui encore, l’air dans un cage rouge, j’ai mal en essayant de respirer et puis j’oublie.
Le regret
Je deviens au courant de toutes les choses que j’avais marquées “absente”, il y a longtemps. Leurs existences étaient si fades, par contre si réelles qu’elles m’ont fait négliger complètement le fait que ce soit les souvenirs de quelqu’un d’autre.
La chaleur n’était jamais si atroce.
L’air est luisant, je sens les larmes qui glissent vers l’intérieur, donc la dualité n’était jamais si cruelle, elle aussi.
On pourrait accepter ce qui était sur nos épaules, un poids abominable, caressant. Elle a dit “Non” et je ne l’ai jamais vue dans sa rue habituelle, où on se retrouvait vers deux heures, après minuit.
On est souvent largement consumés dans la trentième minute de la deuxième heure.
Lorsque l’aube déchirait le ciel je regardais l’orange sauvage, les nuages m’ont fait remarquer qu’il était trop rose, trop tard. Alors j’ai perdu le vent
Si tout était perdu, on pourrait vivre en pensant que le feu existe toujours.
Je n’étais plus sûre
je ne savais pas où on était non plus mais on n’a eu ni jour ni nuit, quatorze fois vingt quatre heures. Crépuscule éternel, ça se voyait.
Les couleurs ont changé et l’absence de la perception de monotonie s’en est allée, en vagues.
Quelques moments précieux semblaient des années et elle était perdue.
Quatorze fois vingt quatre heures, chaque jour était même et plus beau que la veille, ou le lendemain,
harmonie sauvage, jamais morte
